Star Wars le réveil de la force

Nouvelle rubrique sur ecolenumerique ! Destinée à décoder l’actualité cinématographique, dans la lignée du travail de réflexion sur les images initié avec le festival Infilmementpetit, cette rubrique proposera régulièrement des articles, n’hésitez pas à commenter les analyses proposées !Les articles sont écrits par Thomas Massia, actuellement étudiant à Montpellier.

« Quelque chose s’est réveillé… Vous l’avez senti ? »

Mis à part si vous vivez dans la bordure extérieure ou les confins de la galaxie, il est bien sûr exclu de ne pas l’avoir senti ! Vous l’avez bien compris, je vais vous parler de Star Wars : Le réveil de la force, un film qui souligne le retour d’une licence ayant marqué le cinéma à tout jamais et enfanté des générations de fans à travers le monde. Il a la lourde tâche de donner suite à Star Wars : le Retour du Jedi, la suite, donc, d’un film sorti il y a un peu plus de 30 ans. Il se doit de ramener un univers que l’on connaît, réintroduire des personnages avec lesquels nous avons grandi, et tout cela avec un regard nouveau!

Et ce n’est pas rien… !

Parmi les personnages inédits que nous présente le film, Rey (interprétée par Daisy Ridley) est l’héroïne de cette future trilogie, elle incarne un personnage de femme forte. Sa construction, que je qualifierais comme étant classique suit à la lettre le schéma du « Voyage du héros » de Josef Campbell ; mais elle est surtout à l’image du spectateur, et en tant que tel je peux dire que je me suis complètement identifié à elle. En effet, elle est cet individu qui a grandi avec, ou plutôt à l’intérieur même de l’univers Star Wars, et comme nous, elle connaît les exploits de Han Solo (Harrison Ford), et la légende de Luke Skywalker (Mark Hamil). Ce dernier est relégué au statut de mythe dans son propre monde, statut faisant écho à ce qu’il représente dans le nôtre, un personnage mythique du cinéma. Là où le film est véritablement intéressant, c’est qu’il m’a donné l’impression que ses personnages évoluent dans l’ombre de la trilogie originale, une ombre planante sur l’ensemble du film comme un héritage. Rey s’épanouit à travers les vestiges du passé, elle a grandi dans un cimetière d’épaves provenant de la précédente guerre et symbolisant la trilogie originale. Mais les méchants ne sont pas en reste non plus ; ici, la menace se nomme le premier ordre, un organisme naît des cendres de l’empire. Ainsi, le nouveau « bad guy », Kylo Ren (interprété par Adam Driver), va jusqu’à vouer un véritable culte à Dark Vador, le symbole indéniable de la licence. A mon plus grand étonnement, il est le personnage le plus surprenant de ce nouveau casting ; moi qui pensais avoir affaire à un méchant monolithique, je me suis retrouvé devant quelque chose de bien plus profond. Pour en finir avec les personnages, je tiens à dire que je trouve le retour d’Harrison Ford en Han Solo particulièrement réussi ; en un sens, il porte le film sur ses épaules, il est pour moi comme un guide pour cette nouvelle génération de personnages.

Si je devais résumer mon visionnage du film, je dirais que Le réveil de la force est un épisode hommage qui cherche vers ses origines pour mieux se développer. Cette volonté de retour aux sources se traduit par une esthétique et une ambiance très proche de la trilogie originale, une démarche qui va à contresens de la prélogie préférant s’en démarquer fortement. A ce niveau-là on peut dire que JJ Abrams, le réalisateur, et l’équipe du film n’ont pas chômé. Entre le retour à la pellicule, l’utilisation des mêmes filtres de caméra que la trilogie originale, les animatroniques (des marionnettes de moins en moins utilisées au profit des effets numériques), ainsi qu’un tournage dans de véritables décors ; le film est ce à quoi Star Wars doit ressembler. Tout cela permet au Réveil de la force de jouir d’un visuel crédible, sans que les effets numériques ne soient complètement occultés. C’est au contraire cet intelligent mélange entre les deux techniques qui permet de moderniser une esthétique très proche du Star Wars de 1977. Abrams a su retranscrire cet univers en lui insufflant quelque chose qui lui est propre : on retrouve une réalisation dynamique, mise en avant par une caméra extrêmement mobile, le film possède également un rythme soutenu permettant de tenir le spectateur en haleine jusqu’à la fin. Plusieurs plans iconiques permettent de lier la guerre de notre monde au contexte présent dans l’univers de Star Wars. Je pense notamment à un plan hommage à Apocalypse Now (réalisé par Francis Ford Coppola) ou encore à un plan lors d’un discours du Premier ordre rappelant furieusement l’époque Nazie. L’objectif, ici, est d’immerger le spectateur en lui rappelant ce qu’il connaît déjà, et honnêtement sans parler de l’idée qui est bonne, je trouve que cela fonctionne très bien.

Cette volonté d’établir un retour aux sources se ressent également au niveau de l’histoire du film. La structure narrative de cet épisode VII est très proche de l’épisode IV, ce qui peut créer une impression de déjà-vu. Cela ne veut pas dire que le scénario est exactement le même, il s’agit bien d’un Star Wars inédit, et les similitudes que l’on peut remarquer sont modifiées ou actualisées. Il est vrai que certains choix de redite sont un peu gros, je pense notamment à la base du Premier ordre, qui en étant traitée comme une simple « étoile noire », renforce ce sentiment de déjà-vu. Ce choix de reprendre la structure narrative du Star Wars original tout en l’actualisant, paraît peut-être facile, mais témoigne d’une certaine volonté du film de respecter son héritage. De cette manière, JJ Abrams réalise un film qui rend hommage à la saga tout en proposant quelque chose de nouveau. A mon sens, c’est une manière intelligente de poser les bases pour une nouvelle trilogie.

Pour conclure, je dirais que Star Wars : Le réveil de la force a pour but de rassembler les différentes générations de fans de la licence, mais aussi de permettre à une nouvelle génération de grandir avec cet univers. Ce principe se retrouve avec les nouveaux personnages, ils incarnent cette nouvelle génération qui va prendre le relais. Le film cherche à ramener la franchise vers ses origines pour lui permettre de préparer des suites qui je pense, j’espère, garderont le feeling Star Wars qu’il a su retrouver, tout en étant plus original. Star Wars est de retour, comme si cette franchise ne pouvait se permettre de disparaître, comme si elle avait la volonté de perdurer avec le temps.

Thomas Massia

Auteur: Françoise Maine

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