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Quand les yeux écoutent … et que la photographie parle au coeur

vendredi 26 avril 2013, par Yves Mariani

Days with my father
Philipp Toledano

Le recueil de paroles est au coeur de la vie des observatoires. Et depuis des années, nous tissons peu à peu la trame d’une pratique faite de repères communs.

Nous en avons tiré quelques règles, quelques principes méthodologiques, déontologiques.

Nous avons bien compris que cette écoute est d’abord affaire de posture intérieure, d’une décentration radicale qui nous conduit, non pas à tirer la parole de l’autre dans notre propre cadre de référence, mais à accepter de mettre nos pas dans les siens pour que notre interlocuteur nous emmène dans son monde.

Nous gardons trace de ceci, le plus souvent, par l’intermédiaire de la captation vidéo et sonore.

Aujourd’hui nous voudrions nous déplacer et montrer que la photo, qui est au coeur des premiers webdocumentaires, notamment ceux de Samuel Bollendorff est, par son exigence et son dépouillement, une voie à développer dans notre réseau.

L’occasion nous en est donnée par un webdocumentaire - sommaire et dépouillé dans sa composition - mais à la force particulière.
Il n’est composé que de photos et de textes, sans la moindre animation. On ne peut faire plus simple et "pauvre".

Le regard d’un fils, photographe au New Yorker, sur la fin de vie de son père dit d’une image à l’autre, et de façon bouleversante, à la fois la distance infranchissable pour rejoindre l’autre - ici la relation est entravée et limitée par la perte de la mémoire à court terme de ce vieillard -, et l’empathie toute de tendresse et de délicatesse de son fils qui, par-delà les mots, maintient le lien le plus fragile.

Récit des petits riens, chronique de la dernière étape d’un parcours qui parle autant de celui qui regarde qu’il nous donne à voir cette fin de vie.

On retient peu à peu son souffle en passant d’une image à l’autre dans une forme de recueillement et de concentration, d’épure, de dépouillement.

Méditation sur le mystère du parcours de chacun, toujours irréductible. Si le texte raconte parfois, la photo jamais ne souligne, ne met en scène, n’insiste.

Belle leçon de retenue et d’abandon à l’autre qui fait mémoire et garde vivant un visage même ravagé par le grand âge. Mais surtout, dans le silence de l’image immobile, c’est bien une relation qui est célébrée ici et qui perdure par-delà la disparition de ce père. Elle est celle du lien le plus profond, celui qui nous relie à nos origines.Celui qui autorise à imaginer, à créer dans la plus belle des fidélités.

Belle leçon d’intériorité, proche de l’expérience faite parfois dans nos rencontres, quand celui ou celle que nous écoutons nous accueille dans son cheminement.

Alors, durant ce temps de pause pour un certain nombre d’entre nous, nous osons lancer cette invitation à prendre le temps de tourner lentement ces pages de vie et de confiance.

Voir en ligne : Dayswithmyfather Phillip Toledano

Site en travaux

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