Posts by S.Tisseron

3-6-9-12

3-6-9-12

Par

« 3-6-9-12 », cela évoque pour tous les parents quatre étapes essentielles de la vie des enfants : 3 ans, c’est l’admission en maternelle, 6 ans, l’entrée en primaire, 9 ans, l’accès à la maîtrise de la lecture et de l’écriture, et 11-12 ans le passage en collège. Mais ce sont aussi d’excellents repères pour savoir à quel âge et comment introduire les différents écrans dans la vie de nos enfants. En effet, de la même façon qu’il existe des règles pour l’introduction des laitages, des légumes et des viandes dans l’alimentation d’un enfant, il est possible de concevoir une diététique des écrans. Mais pour cela, il nous faut renoncer à deux tentations: idéaliser ces technologies, et les diaboliser. Attendre des miracles des écrans serait en effet tout aussi stérile que vouloir s’en passer. Ce ne sont que des outils. Ne leur demandons pas plus qu’ils ne peuvent donner, mais apprenons à leur demander tout ce qu’ils peuvent donner ! Et pour commencer, introduisons-les au bon moment et à leur juste place. J’ai imaginé les balises « 3-6-9-12 » comme une façon de répondre simplement aux questions les plus pressantes des parents à ce sujet, et de les inviter à créer de nouveaux rituels autour des écrans. Elles se sont depuis enrichies de nombreuses précisions, au point de ne plus concerner seulement les parents, mais aussi l’école et les pouvoirs publics. Il existe bien entendu une affiche. Elle est faite pour qu’on se mette autour et pour qu’on en discute ! Elle existe en deux versions : une version qui comporte la reproduction de la couverture de l’ouvrage  « 3-6-9-12, apprivoiser les écrans et grandir », qui date du lancement du livre (c’est celle qui est proposée ici au téléchargement); et une autre version sans publicité, régulièrement remise à jour. Il est bien évident que la version sans publicité et plus facilement utilisable dans les lieux publics. On peut télécharger cette affiche sans publicité dans sa dernière version sur www.3-6-9-12.com. Ou bien la demander en version papier, en indiquant « affiche sans publicité », et en précisant la taille et le nombre souhaités, aux éditions eres, au 05 61 75 40 82. Enfin, vous pouvez aussi demander le fichier numérique qui peut être modifié par les différents partenaires qui souhaitent s’associer à la campagne et,...

En savoir plus
Jeux vidéo et Serious Game

Jeux vidéo et Serious Game

Par

Les jeux vidéo ont longtemps été accusés de tous les maux, jusqu’au moment où l’idée est venue de s’intéresser non seulement à leurs dangers, mais aussi à leurs formidables possibilités éducatives. Car ils ne manquent pas d’atouts. D’abord, avec eux, l’apprenant peut travailler à son rythme, aux moments où il le souhaite, en trouvant dans chaque discipline un niveau de difficultés adapté à ses compétences. Ensuite, les logiciels ne jugent pas, ne condamnent pas, et lui permettent de se constituer une véritable « feuille de route » dont il peut visualiser la progression. Une visualisation qui concerne toutes les opérations correspondant à la construction et à l’exécution d’un programme : les compétences de départ, leur évolution, la diversité des stratégies employées et la place éventuelle du recours aux pairs et aux bases de données pour y parvenir. La culture des écrans peut ainsi favoriser à la fois les apprentissages et la prise de distance vis-à-vis d’eux. Mais cela n’est possible que si les interlocuteurs des jeunes les accompagnent : parents, éducateurs, pédagogues, personnel médical… Cet espace est une passerelle vers ce nouveau...

En savoir plus
Présentation du jeu des trois figures

Présentation du jeu des trois figures

Par

Le Jeu des Trois Figures est une activité théâtrale ainsi appelée par allusion aux trois personnages présents dans la plupart des histoires regardées et racontées par les enfants : l’agresseur, la victime et le tiers, celui ci pouvant être simple témoin, redresseur de torts ou sauveteur. Il a été imaginé en 2005 par Serge Tisseron et évalué avec succès par une étude menée en classes maternelles, en 2006-2007. Il est destiné à développer la capacité d’empathie de la maternelle au collège. L’empathie, qui nous permet de nous mettre, au moins partiellement, à la place de l’autre, joue en effet un rôle essentiel dans la prévention des attitudes violentes. Or  le Jeu des Trois Figures peut y contribuer de multiples façons. Ses objectifs se situent dans le cadre des préconisations de lutte contre les violences à l’école développées par le Ministère de l’éducation nationale, et il correspond pleinement aux derniers programmes de 2015 qui incluent les dimensions du théâtre, des mimiques et de l’empathie. Il peut être pratiqué en milieu scolaire après une formation de trois journées réparties sur l’année. Après la France, la Belgique et la Suisse, il est maintenant mis en place au Liban. Pour en savoir plus, rendez vous sur le site...

En savoir plus
infilmementpetit

infilmementpetit

Par

Etre adolescent aujourd’hui, c’est photographier et filmer avec sa main, son doigt, sa paume, car la caméra est devenue un prolongement du corps. Et les adolescents s’y mettent en scène, moins pour s’exhiber comme le craignent beaucoup d’adultes, que pour créer des liens, et cela aussi bien dans les espaces physiques que sur Internet. De nouveaux usages se développent. Avec le numérique, la photographie n’est plus un support de mémoire, mais un outil de construction identitaire et de lien social. Le festival Infilmementpetit encourage cette nouvelle culture du regard, hors ligne et en ligne, et la met au service d’un dialogue intergénérationnel. Espérons maintenant que les responsables de la jeunesse s’emparent de l’idée et que les sites Web des écoles se fassent, partout, l’écho des productions numériques des élèves. Accéder au site du...

En savoir plus
Dix jours pour apprivoiser les écrans

Dix jours pour apprivoiser les écrans

Par

A l’origine, l’idée en revient au Dr Thomas Robinson, professeur à l’Université Stanford. En 1996-1997, il a lancé et expérimenté le programme SMART (Student Media Awareness to Reduce Television) dans deux écoles primaires de San José, en Californie. Son but, comme le nom de son programme l’indique (« apprendre à réduire la télévision »), n’était pas de supprimer la consommation d’écrans, mais de la réduire. Jacques Brodeur s’en est inspiré et a lancée au Québec, en 2003, ce qu’il a appelé « Le défi de la dizaine sans télé ni jeu vidéo », avec l’ambition de créer une période de sevrage total des écrans. En France, la première expérience de ce type a été lancée en mai 2008 par Serge Hygen à l’école du Ziegelwasser à Strasbourg, sous l’intitulé « Le défi des 10 jours pour voir autrement ». Le choix de l’intitulé montre clairement qu’il ne s’agissait pas de vivre « dix jours sans écrans », contrairement à ce qu’ont dit hélas beaucoup de médias. Le but était de provoquer des changements durables dans les relations familiales et sociales afin de rendre moins impérieux le refuge dans les écrans. On peut en effet faire plus bête que de regarder une bonne émission de télé ! C’est pourquoi j’ai défendu cette action (notamment sur i-télé dès le jour du lancement) en mettant l’accent sur son utilité pour recréer du lien social de proximité, et rendre le recours aux écrans moins prégnant. En effet, pendant dix jours– ou une semaine -, les enfants d’une école ou d’un quartier, et leurs parents, sont invités à choisir les programmes de télévision et les jeux vidéo auxquels ils tiennent vraiment, et à renoncer aux autres. C’est une façon de rendre à chacun le désir et la liberté d’être un spectateur actif. Parallèlement, des éducateurs et des parents organisent et encadrent diverses activités, y compris dans les domaines de la photographie et du cinéma, afin de permettre à chacun de devenir le créateur de son propre imaginaire. La « Dizaine » n’est donc pas faite pour nous convaincre d’éliminer les écrans de nos vies, mais pour nous apprendre à ne plus nous laisser tyranniser par eux. Un peu comme lorsqu’une relation devient trop envahissante et trop difficile, on peut décider de prendre un peu de...

En savoir plus